Il nous a donc fallu voir les 8 films en compétition, ce qui fut très intéressant, bien que parfois un peu long à mon goût. Le jeudi 4 février, mes camarades du jury et moi-même, nous nous sommes réunis sous la présidence d’une femme, nommée Fabienne Hanclot, déléguée générale de l’ACID. Nous avons discuté des films que l’on avait vus mais notre contrat était de voir tous les films pour dimanche 7 février donc forcément très peu de gens avaient vu tous les films au moment de cette réunion. La discussion n’a donc duré qu’une seule heure et nous nous sommes séparés.
Les autres lycéens se trouvant dans le jury avec moi, étaient pour la plupart inconnus, certains de mon lycée et d’autres des lycées environnants. Ce qui fut très enrichissant, des rencontres surprenantes mais jamais négatives !
Lors de notre seconde et dernière réunion, nous avions tous vu les 8 films en compétition, il nous restait donc la tâche difficile mais fort intéressante qu’est le débat pour défendre un film qui nous a particulièrement touché, ou que nous avions trouvé impressionnant et surtout expliquer pourquoi ce film et pas un autre…
Les films. Les huit films en compétitions étaient :
- « À l’ouest de pluton » d’Henry Bernadet et Myriam Verreault
- « Huit fois debout » de Xabi Molia
- « Eamon » de Margaret Corkery
- « Le chat de Mme Moskowitz » de Jorge Gurvich
- « Les deux vies d’Andrés Rabadàn » de Ventura Durall
- « Nothing personal » d’Urszula Antoniak
- « Là-bas » d’Hakki Kurtulus, Melik Saraçoglu
- « The Strength of Water » d’Armagan Ballantyne
Délibération du jury.
Cependant en période de festival, le temps passe très vite et nous voilà dimanche 7 février à 16h30, tous réunis dans une salle au premier étage du festival d’Annonay. Et nous avons décidé de faire un tour de nos avis film par film, cela nous a pris environ 2h30. Une fois les avis énoncés, nous avons décidé de faire un premier sondage pour diminuer la quantité de film dans notre choix car un seul aurait le prix du jury lycéen. Après ce vote, seulement trois films sur les huit initiaux eurent des voix. Ces trois films sont « Les deux vies d’Andres Rabadan », « The Strength of Water » et « Nothing Personal ». Après une dure délibération, comme le montre l’image ci-dessous qui représente les notes que j’ai prises sur les différents films en compétition.
Nous sommes arrivés à une dure égalité entre « Nothing Personal » et « The Strength of Water », nous avons fini par trancher sur le film « Nothing Personal » dans les environs de 20h. Nous avons fini par trancher sur ce film grâce a une dure argumentation pour persuader les personnes contre. Cependant certains d’entre eux n’étaient pas d’accord, seulement dans un jury la majorité dans un vote compte beaucoup. Mais de toute façon, les personnes qui avaient voté pour « The Strength of Water » furent heureux de voir que ce fut le film récompensé par le grand jury pour le Grand prix du festival. Je me suis même proposé avec l’une de mes camarades de l‘annoncer le soir même au public lors de la remise des prix.
Le sketch de Gaël ! Lorsque tous les spectateurs furent assis, et avant que le « wizz mag » ne soit diffusé, quelques personnes de l’équipe du « wizz mag » dont moi, montons sur scène pour remercier Fred et Brice pour l’énorme travail accompli et pour nous avoir permis de vivre cela avec eux. Ensuite, la projection du « wizz mag » qui produit une hilarité dans la salle grâce à un micro-trottoir un peu particulier. Puis la directrice de la MJC, Marianne Ferrand a pris le micro pour faire des remerciements à toute personne ayant aidé au bon déroulement du festival et que tout cela se soit passé dans la bonne humeur générale. Ensuite, le Directeur Artistique Gaël Labanti et Gaëlle Dumortier, Chargée d’Organisation du Festival, nous ont fait un sketch en « live » lié au rêve et au cauchemar ce qui provoqua l’hilarité générale du public mais aussi un profond respect pour ces deux personnages si extravagants.
Et comme vous pouvez le voir en fond de la photo l’école de musique d’Annonay était présente et entre chaque personne qui parlait ou entre deux prix accordés, ils jouaient une chanson, ce qui fut étonnant et agréable.
La remise des prix. Après ce sketch, nous voilà dans le vif du sujet : la remise des prix. Le premier prix remis fut le prix du public pour le film « Les deux vies d’Andres Rabadan » de Ventura Durall.
Ensuite le prix de la meilleur musique fut attribué au film « A l’Ouest de Pluton » de Henry Bernadet et Myriam Verrault, ce film a également gagné le prix spécial décerné par le Jury adulte.
Le jury lycéen décerna son prix au film « Nothing Personal » d’Ursula Antoniak (dont sa magnifique actrice principale, nommée Lotte Verbeek qui a ébloui toute personne de l’assemblée par sa beauté, en nous accordant sa présence pendant ce festival).
Et enfin le dernier prix et le plus important, le Grand prix fut accordé par le Jury adulte au film intitulé « The Strength of Water » de Armagan Ballantyne
Et le dimanche soir, après la remise des prix, nous avons eu le plaisir de pouvoir visionner en avant-première le film « Moon » de Duncan Jones.
Les meilleures choses ont une fin. Et malheureusement en ce dimanche 7 février, après ce film, le Festival International du Premier Film résidant à Annonay prend fin. Mais pour tout bénévole, la fin rime aussi avec repos… Qui malheureusement ne peut pas être assouvi pour tout le monde…étant donné que le lendemain, c’est lundi, et que donc, nous devons retourner en cours comme avant. Et… d’un avis commun, ce fut très dur de retourner à la vie normale. Fini ce magnifique festival, concentré en bonheurs, en rencontres, avec des groupes de travail toujours en cohésion avec une parfaite entente, avec de bons films ? Non, pas tout à fait. En résumé, que de bons souvenirs et une envie de s’investir davantage lorsque l’occasion se présentera.
Thomas Robin, élève de terminale S, option cinéma au lycée Boissy d’Anglas à Annonay.
Quatre heures de débat intense(s)
Seize personnes, dont la présidente, assises sur des chaises, en rond, à l’étage du Théâtre. Le but étant d’élire quel est le meilleur film, le préféré, des lycéens réunis. Il y en a huit en compétition : cela va prendre du temps. 16 h 30 : la séance commence malgré un retardataire. Pour tous les films, le débat est long, intense, mais passionnant.
Nous parlons tout d’abord du film turc Là-bas qui raconte les retrouvailles douloureuses d’un frère, Mazhar, parti depuis 12 ans en France et d’une sœur, Neslihan , après la mort de leur mère. En général, ce film n’a pas été très apprécié et les commentaires entre ceux qui tentent de le défendre et les ‘‘contre’’ sont variés et constituent un débat enrichissant. Mais malgré les jolies couleurs des plans, le message que cela nous porte, la musique accompagnant si bien…, ce film n’aura pas de succès chez nous.
Nous continuons donc, ainsi de suite……….. Eamon, l’histoire d’un enfant qui fait tout pour prendre la place de son père auprès de sa mère, est qualifié de film irréaliste, énervant et n’a pas plus de succès malgré les scènes comiques, les plans de la mer très beaux…
Le chat de madame Moskovitch (film israélien) est mieux, selon certains lycéens. Mais la présidente et moi ne le trouvions pas intéressant voire agaçant, avec des plans trop longs, pas assez de mouvements et une histoire trop banale : un amour entre deux personnes âgées, Yolanda et Shaoul, qui se rencontrent dans un hôpital. La fin est super, mais ce n’est pas assez convaincant pour la présidente…
Les deux vies d’Andres Rabadan, le film espagnol, n’a pratiquement eu que des commentaires positifs. Nous avons aimé le fait que l’histoire soit basée sur une réalité : un homme, qui en 1994, tue son père avec une arbalète et est condamné à 20 ans de prison en psychiatrie. Ce film, qui débute à la plage et pas en prison, nous montre l’imagination et l’espoir du héros qui va tomber amoureux d’une jeune et nouvelle infirmière. Mais comment fait-elle pour aimer le fou de l’arbalète dangereux alors qu’elle craint ces personnes ????? Malgré ces questions, la musique, les différents plans et l’histoire en elle-même nous semblaient vraiment beaux.
Huit fois debout, le film français, a été trouvé intéressant. Il raconte la vie d’une jeune française, Elsa, qui entre petits boulots, errance, enchaîne les entretiens dans l’espoir d’avoir un emploi pour pouvoir obtenir la garde de son fils. Elle rencontre son voisin de palier, Matthieu, qui comme elle, s’efforce de trouver un travail. Ils vont vivre une histoire amusante, mais tout de même triste. Ce film était marrant de l’avis général : principalement le personnage de Matthieu. Nous avons eu de la compassion pour l’héroïne qui déprime, qui est à bout, mais l’idée de faire ce film en chapitres ne nous a pas plu, ainsi que la fin qui n’en est pas vraiment une : que va t-il se passer… ??
A l’ouest de pluton, le film québécois : l’histoire des adolescents, leurs amours, leurs premières (graves) conneries, ne nous a pas tellement plu… Il semblait être merveilleux, mais ces ados, pires que tout, nous ont énervés. C’est une caricature, fausse, de l’adolescence ; ce qui a fait que nous n’avons pas tous supporté… Nous les Ados !! Ils sont stupides, chiants et ne s’arrêtent jamais…ceci dit, le fait d’avoir beaucoup de plans différents est bien et la musique est tout de même superbe, malgré les commentaires négatifs nombreux !!
Nothing personal, film irlandais et néerlandais, est, selon nous, un film simplement merveilleux, avec des magnifiques paysages du Connemara. Il raconte l’histoire d’Anne, une femme qui quitte la Hollande pour l’Irlande, où elle choisit de mener une vie de solitaire, d’errance avec seulement son sac à dos. C’est alors qu’elle découvre la maison habitée par un ermite, Martin qui lui propose de travailler pour lui en échange de nourriture. Tout est beau : paysage, musique, la solitude, l’amitié nouvelle des deux personnages alors qu’ils ne se disent rien de personnel, leur caractère. Mais ces scènes de solitude ne sont-elles pas trop longues ? Et le manque de dialogue ?
The strength of water, le film néo-zélandais, tout simplement sublime : nous avons tous apprécié ce film, d’une manière ou d’une autre. C’est la vie de deux jumeaux de dix ans, Melody et Kimi, vivant avec leurs frères et sœurs dans la ferme de leurs parents au sein d’une communauté maorie, isolée sur la côte nord-ouest de la Nouvelle Zélande. Mais l’arrivée d’un jeune étranger va bouleverser le cours des choses. Ce film a les paysages les plus fabuleux : la mer, la vue de la falaise…, l’histoire la plus belle. Nous découvrons une nouvelle culture (maorie), un nouveau monde. Tous avons eu de la compassion pour cette famille qui supporte la mort de leur fille, leur sœur Melody, mais surtout pour Kimi qui durant le film voit son fantôme et ne découvre réellement qu’à la fin qu’il ne la reverra plus. C’est alors que nous sommes de tout cœur avec lui. Il est vrai que les commentaires négatifs ont été rares, principalement pour dire qu’une scène avec l’étranger est en trop, mais sans plus…
Après ceci nous avons voté à main levée pour dire quels ont été nos films préférés. Les trois restants, qui avaient eu le plus de voix, étaient :
- Les deux vies d’Andres Rabadan -5 votes-
- Nothing personal -7 votes-
- The strenght of water -4 votes-
Et là, nous avons à nouveau commenté ces trois films pour savoir lequel était le meilleur. Mais ne voulant majoritairement pas choisir un film ayant été préféré par un autre prix, le film espagnol fut vite éliminé (malgré les cinq voix) faisant ainsi remonter les votes du film néo-zélandais à sept voix. Egalité avec le film irlandais…
Pose clopes, avant de décider du gagnant. Impossible malgré tout type d’influences des autres lycéens : sept à sept, comme un vrai combat qui ne s’achèvera pas…
L’idée de faire des ex aequo ne nous plait pas, mais malgré tout, ensemble, nous rédigeons une petite phrase à dire sur scène, lors de la remise des prix, sur ces deux films… A nouveau, discussion sur les deux films restants : impossible de nous faire changer d’avis donc tous à table !
Nous nous retrouvons donc à l’Entre deux pour manger en un temps record : dix minutes, tant le débat fut long et là, nous apprenons, grâce à notre super présidente, qui préférait The strength of water, (il est tout de même important de le préciser !!)… que le grand prix du jury était attribué… justement… à SON film : The strength of water !
Or le jury lycéen ne voulait toujours pas avoir un film choisi par un autre jury ! Nothing personal sera donc le seul film du prix du jury des lycéens, même si certains parmi nous protestent haut et fort… (comme moi…)
Ainsi se finit ce repas ! Dans la joie et la bonne humeur !!! Alors, prêts à entrer sur scène ? C’est parti !
La remise des prix commence, et…ce fut un vrai moment de plaisir étant donné l’humour de notre directeur artistique, ce cher très cher Gaël Labanti…
Grand Prix du Jury : The strength of water d’Armagan Ballantyne (Nouvelle-Zélande)
Prix Spécial du Jury : À l’ouest de Pluton de Henry Bernadet et Myriam Verreault (Québec)
Prix du Public : Les deux vies d’Andres Rabadan de Ventura Durall (Espagne)
Prix du Jury des Lycéens : Nothing personal de Urszula Antoniak (Pays Bas / Irlande)
Prix de la Meilleure Musique : À l’ouest de Pluton de Henry Bernadet et Myriam Verreault (Québec)
Le 27 ème festival international du premier film fut une bonne expérience pour nous tous ! A refaire !!!
Charline Villien élève de 2°2 en option cinéma au Lycée Boissy d’Anglas d’Annonay



